Aux Larmes Citoyens !

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L'intersyndicale du département a décidé d'appeler à un rassemblement aujourd'hui (23 octobre 2010) suite aux violences policières que nous avons connues mardi dernier dans le département et plus particulièrement à Lorient.

Elle n'accepte pas ce geste inadmissible qui a consisté à tirer des grenades lacrymogènes sur une manifestation constituée de salariés, de jeunes, de familles et de retraités.

Elle a décidé, dans cette période pourtant très chargée pour tous, d'appeler à ce rassemblement pour permettre l'expression populaire de l'émotion, du choc et de la révolte de celles et ceux qui venus entre copains ou avec les enfants se sont trouvés plongés sous un feu nourri de tir qui ont duré plus de trente minutes.

C'est inadmissible et scandaleux.

Après plusieurs semaines de mobilisation, face à un climat de rupture devant l'attitude des forces de l'ordre, l'ensemble des organisations syndicales décident de porter le cortège vers le pont du Carnel, lieu de dislocation de la manifestation.

Ce parcours a été annoncé lors de la prise de parole. Le cortège a calmement emprunté l'itinéraire entre slogans, broncas et fanfares diverses pour se trouver confronter à un premier barrage policier.

Arrivés à 100 mètres du pont, les camarades de la CFDT ont essuyé les tirs de lacrymos. S'en sont suivis des moments de grande indécision où le moindre mouvement de foule était immédiatement suivis de tirs. Il n'y avait pas moyen d'évacuer par les rues sur les côtés et le reste de la manifestation ne cessait d'arriver.

Grâce à son sang froid, elle a évité le pire face à une décision d'état qui visait d'abord à garantir la sécurité des dépôts de pétroliers et faisait fi de la sécurité des populations.

Le pétrole d'abord.

Ce sont aux interviews du sous-préfet de Lorient qu'elle comprend mieux les mécanismes qui ont conduit à ces erreurs d'appréciations et à ces fautes de commandement des forces de l'ordre.

Les « honnêtes citoyens » auraient été instrumentalisés, dit le sous-préfet.

Qui sont les honnêtes citoyens selon ce digne représentant de l'Etat : des femmes crédules ou imbéciles de se balader dans une manifestations avec une poussette ou des vieillards à moitié gâteux qui n'arrivent pas à comprendre qu'une manifestation sur les retraies n'est pas une sortie vers la supérette.

Quand il y a des honnêtes citoyens, il y en a aussi des malhonnêtes. Et cela aussi le sous préfet les désigne : les professionnels de la casse. 300 même, cagoulés et armés de barres de fer.

Mais où étaient-ils ces casseurs, ces professionnels ?

Interrogé hier à la préfecture, à le demande de l'intersyndicale, le même sous-préfet a été incapable de les désigner.

Instrumentalisés pourquoi ?

Quel était le dessein caché de l'intersyndicale ? Prendre le dépôt pétrolier.

Monsieur le Sous-Préfet défend le fantasme de l'ennemi de l'intérieur qui manipule les vrais français dans des buts inavoués.

Halte au sketch et revenons dans le vraie.

Par cette démonstration injustifiable, le pouvoir a révélé sa brutalité, son refus de tout dialogue, son apriori de traiter les salariés et leurs organisations syndicales en adversaires voire en ennemis de l'intérieur.

Cette situation illustre jusqu'à la caricature le blocage de ce gouvernement, sa volonté du passage en force.

Eh bien, nous le disons calmement, fermement.

Nous disons ce matin , comme nous le redirons le 28 octobre.

Ce projet de réforme nous n'en voulons pas.

Nous ne les laisserons pas nous piquer deux années de notre vie.

Nous serons dans la rue, calmes, sereins, confiants et déterminés.

Monsieur le Sous-Préfet, gardez bien votre pétrole.

Nous nous garderons notre droit au bonheur social.

Au 28 , tous ensemble, jusqu'au bout pour gagner.

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suite_de_l_agenda/aux_larmes_citoyens.txt · Dernière modification: 30/06/2013 14:32 (modification externe)