Contre les idées de l'extrême-droite !

Communiqué

Mise au point des citoyens et organisations pontivyennes, membres du collectif local de lutte contre le racisme et la xénophobie, réunis le 16 Décembre 2015

Nous prenons acte de l’injonction du préfet du Morbihan à ne pas nous rassembler le Samedi 19 Décembre. L’extrême droite, elle, a pu manifester et occasionner des désordres sérieux à Pontivy en toute impunité le 14 Novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris, en plein deuil national.

Les autorités locales et représentants de l’Etat portent une lourde responsabilité à ce sujet.

Nous protestons énergiquement contre la désinformation et la volonté de nous présenter, organisateurs du rassemblement du 19 Décembre comme des fauteurs de trouble, créant une crainte infondée au sein de la population.

Nous déplorons la volonté des autorités d’opposer ce rassemblement festif familial et pacifique à une manifestation commerciale, le marché de Noel, alors qu’il n’était visé en aucune manière, les deux auraient parfaitement pu cohabiter.

Sans reconnaître le bien fondé des arguments économiques ou sécuritaires avancés par les pouvoirs publics et la municipalité, nous appelons à ne pas manifester le Samedi 19 Décembre.

Nous demandons à la municipalité de Pontivy de prendre ses responsabilités dans la lutte contre le racisme et la xénophobie et de promouvoir les solidarités.

Les membres du collectif entendent ne pas en rester là et posent le principe d’actions contre le racisme et la xénophobie à Pontivy en 2016.

Date

Le samedi 19 décembre 2015 à 14h

Lieu

Sujet

Le 14 novembre dernier, au lendemain des attentats meurtriers de Paris, l'extrême-droite la plus radicale a manifesté à Pontivy contre l'accueil des réfugié.e.s. Les slogans haineux ont vite dérivé de « Dehors les immigré.e.s » à « À mort les immigré.e.s ». Des personnes ont été passées à tabac, menacées et poursuivies jusque dans les commerces, pour avoir réagi par des slogans de solidarité ou simplement à cause de leur couleur de peau… Le cortège s'est déplacé jusqu'au Centre d'accueil des demandeurs d'asile. Que serait-il arrivé si celui-ci n'avait pas été vide ? Le principal instigateur de ces exactions est le parti « Adsav », qui s'affirme nationaliste breton. Mais cet aspect « breton » n'est qu'une coloration de leur idéologie, dont le fondement est avant tout xénophobe. Cette peur de l'étranger s'insinue bien au-delà de petits groupes radicaux, avec le développement du FN et une grande part du spectre politique qui en reprend les idées. Et les violences qui en découlent sont bien réelles, comme le montre par exemple l'incendie volontaire d'une salle de prière musulmane à Loudéac dans la nuit du 28 au 29 novembre. Le samedi suivant les violences à Pontivy, 120 personnes se sont réunies au Palais des Congrès pour réfléchir à une réponse à de tels actes, afin qu'ils ne se reproduisent plus. Un soutien aux victimes s'est organisé et des questions ont été posées concernant l'attitude des autorités. Il a de plus été décidé qu'un événement festif et pacifique était la réponse la plus adaptée face au déferlement de la haine, pour rappeler que : * Les extrémistes religieux qui ont perpétré les attentats de Paris auront gagné s'ils sont la cause d'un repli sur soi identitaire. Ils perdront si nous montrons notre solidarité avec tous/toutes celles et ceux qui souffrent de cette violence aveugle, d'où qu'ils/elles viennent. * Si la peur nous plonge dans une spirale sécuritaire, il n'y aura plus de libertés à défendre contre les fascismes religieux ou identitaires. * La culture bretonne n'a rien à voir avec les fascistes. Les breton.ne.s ont été pour beaucoup des réfugié.e.s économiques en France, en Amérique ou ailleurs. Les artistes qui font vivre la culture bretonne l'enrichissent en la métissant. Manifestation pour une Bretagne ouverte et solidaire

agenda/z-nos-amis/contre_les_idees_de_l_extreme-droite.txt · Dernière modification: 17/12/2015 13:31 par webmestre