Un salaire pour tous les étudiants



Et si la subversion, c'était de donner un salaire aux enfants des plus riches pour les libérer ? Assurément, ce serait révolutionnaire.

Avant les pauvres avaient droit à un CAP. Maintenant, ils ont droit au BAC pro. Les gosses de riches eux sont toujours condamnés à des études dites nobles : médecine, pharmacie ou autres ingénieurs. Ah les riches (à dire sur le ton de Ah les pauvres). Ils n'ont vraiment pas de chance.

Croyez-vous que je plaisante ? Pas le moins du monde. Pierre Dardot aux Universités citoyennes d'Attac de 2009 nous disait que dans une relation de domination, il n'y a pas un « gentil » et un « méchant ». Le mal c'est la relation de domination elle-même. Supprimer la relation c'est libérer le dominant et le dominé.

Un type qui fait fortune (forcément avec l'argent des autres), se sent obligé d'imposer à sa descendance un rang social. L'enfant qui a des qualités (musique, poésie, …) échouera dans cet avenir que lui est imposé. Quels dégâts pour l'un comme pour l'autre.

Une solution : le salaire pour tous les étudiants financé par l'impôt. Ceux qui possèdent des châteaux payent pour ceux qui n'en n'ont pas.

Dominant et dominé seront enfin libérés.

Au-delà de permettre aux riches d'accéder à des métiers de seconde classe et aux pauvres d'accéder à des métiers dits nobles, c'est bien que chacun puisse être libre de vivre la vie qu'il souhaite indépendamment des critères de classement des métiers. Critères qui évoluent suivant le temps et la mode. Il y eut une époque où l’aîné devait être religieux, le second militaire et le dernier voleur. Nous sommes aujourd'hui dans une telle crise de sur-production que chacun peut enfin faire ce qui lui plaît pour contribuer à sa mesure à la société.

Les parents riches ne seront plus conduits à voir l’échec de leur enfants. Les enfants riches pourront se réaliser en choisissant de s'instruire et de s'épanouir suivant leur goût. Et n'oublions pas les 30 % de la population (les ouvriers) qui ne seront plus limités à 5 % des études longues.

C'est une bonne décision, mais pourquoi subversive ?

Parce que tous les étudiants comprendront la force libératrice du collectif. La mise en commun des moyens pour que tous soient libérés. Faire comprendre aux riches dès le plus jeune âge que le collectif leur est plus profitable qu'une fortune familiale aléatoire.

Si dans une société du chacun pour soi, un pauvre ne peut pas se soigner, un riche non plus. Qui sur terre pourrait financer à l'annonce de sa maladie : un hôpital, un IRM, supporter la formation d'une équipe médicale, … C'est bien parce que les pauvres sont malades (et ils sont plus nombreux) que la santé est développée. C'est bien parce que le collectif prend en charge la santé que les riches peuvent se soigner.

Il paraîtra bientôt aberrant de vivre sans un dispositif de rémunération des étudiants, comme aujourd'hui, il serait aberrant de revenir sur le principe de sécurité sociale.



François